Chômage des frontaliers: NASpI, U1 et qui paie en 2026

En bref
Si vous habitez en Italie et perdez votre emploi au Tessin, c’est l’Italie qui paie le chômage: la NASpI de l’INPS, calculée sur votre salaire suisse mais plafonnée à 1 584,70 euros bruts par mois en 2026. La Suisse ne paie que tant que le contrat court, par exemple en cas de réduction de l’horaire de travail. Vos années suisses comptent grâce au formulaire U1.
Pour beaucoup, la surprise est amère. Pendant des années, ils ont vu partir 1,1 % de leur salaire dans l’assurance-chômage suisse, et le jour où ils en ont besoin, ils découvrent que l’indemnité vient de l’INPS, l’institut italien de sécurité sociale, avec des règles et des montants italiens. Nous expliquons ci-dessous qui paie dans quel cas, ce que vaut vraiment la NASpI quand on gagnait en francs, comment obtenir le formulaire U1, ce qui se passe quand on ne perd qu’une partie de son travail et ce que change la réforme européenne adoptée en septembre 2026.
Qui paie: d’abord le contrat, ensuite le domicile
Si vous avez perdu complètement votre emploi, c’est l’État où vous habitez qui paie. C’est ce que prévoit l’article 65 du règlement européen 883/2004, que la Suisse applique par l’accord sur la libre circulation des personnes. La page de l’INPS consacrée aux frontaliers (en italien) le dit clairement: si vous habitez en Italie et étiez assuré dans un autre État, vous recevez la NASpI, même si vous n’avez jamais été assuré en Italie. Côté suisse, la page du SECO sur le règlement 883/2004 confirme qu’avec les règles actuelles, l’État de résidence verse l’indemnité et contrôle la recherche d’emploi.
Une distinction sème souvent la confusion. Pour les impôts, est frontalier celui qui habite à moins de 20 km de la frontière et rentre chez lui chaque jour, comme l’explique notre article sur les impôts des frontaliers. Pour le chômage, la définition est plus large: le règlement considère comme frontalier celui qui rentre chez lui en principe chaque jour ou au moins une fois par semaine, sans limite de distance. La directive IC 883 du SECO, le texte qui guide les caisses suisses, appelle «vrais frontaliers» aussi bien les pendulaires quotidiens que les pendulaires à la semaine. Si vous dormez à Lugano du lundi au jeudi et rentrez à Bergame le vendredi, comme le permet le permis G, vous restez frontalier pour le chômage et vous touchez la NASpI. La même directive prévient toutefois que les caisses demandent des preuves solides aux pendulaires à la semaine, car on présume en règle générale qu’ils habitent là où ils travaillent: mieux vaut pouvoir montrer que votre logement, votre famille et votre vie sont restés en Italie.
Si vous rentriez moins d’une fois par semaine, vous êtes, dans le langage du SECO, un «faux frontalier». Vous avez alors le choix: demander la NASpI en Italie, ou l’indemnité suisse en vous mettant à la disposition des offices de placement en Suisse. Si vous choisissez l’Italie, c’est à vous de rendre crédible que vous ne vous étiez pas établi en Suisse; si vous choisissez la Suisse, les conditions suisses s’appliquent, à commencer par 12 mois de cotisation au cours des deux dernières années.

La première question du schéma vient pourtant avant le domicile: le contrat avec l’employeur suisse court-il encore? C’est le cas des frontaliers au chômage partiel, dont nous parlons plus bas. Pour la grande majorité, ceux qui ont été licenciés et cherchent du travail depuis chez eux, c’est l’INPS qui règle la note.
Combien vaut la NASpI quand on gagnait en francs?
Pour presque tous les frontaliers à plein temps, la NASpI atteint le maximum: 1 584,70 euros bruts par mois en 2026. Le calcul suit la page de l’INPS sur la NASpI (en italien). L’INPS prend la rémunération des quatre dernières années, la divise par le nombre de semaines de cotisation et la multiplie par 4,33: on obtient un salaire mensuel moyen. La NASpI vaut 75 % de ce salaire jusqu’à un seuil, plus 25 % de la part qui le dépasse. La circulaire INPS n° 4 de 2026 (en italien) fixe le seuil à 1 456,72 euros et le plafond à 1 584,70 euros.
Pour un frontalier, la base est le salaire suisse. La page de l’INPS pour les frontaliers précise que le montant est calculé sur la rémunération perçue dans l’État du dernier emploi, toujours dans la limite du plafond. Nous avons fait le calcul: le plafond s’applique dès que le salaire mensuel moyen dépasse 3 425,36 euros. Au cours de référence de la BCE du 16 octobre 2026, soit 0,9272 franc pour un euro, cela correspond à environ 38 100 francs bruts par an. C’est moins qu’un plein temps payé au salaire minimum tessinois: le seuil le plus bas en 2026 est de 20 francs de l’heure, ce qui donne 3 637,20 francs par mois à 42 heures par semaine, soit 43 646 francs par an, sur 12 mois de salaire.

Le graphique en montre la conséquence. En dessous de 38 100 francs par an, la NASpI augmente avec le salaire; au-dessus, elle reste plate. Si vous travailliez à mi-temps au salaire minimum, vous touchez environ 1 218 euros par mois; à plein temps, même au minimum, vous touchez le plafond. L’INPS pourrait utiliser un autre cours que le nôtre, mais pour un plein temps le résultat ne change pas. Si vous gagniez 6 000 francs par mois avec un 13e salaire, la chute est brutale: la NASpI vaut à peine plus d’un cinquième de votre salaire moyen brut.
Ensuite, le montant baisse. La NASpI diminue de 3 % par mois à partir du premier jour du sixième mois, ou du huitième si vous aviez 55 ans révolus au moment de la demande. Sa durée correspond à la moitié des semaines de cotisation des quatre dernières années. Quatre années complètes au Tessin donnent droit à 104 semaines de NASpI, environ deux ans; une année, à 26 semaines. Les semaines qui ont déjà ouvert le droit à un chômage précédent ne comptent pas une seconde fois. Pour que tout cela fonctionne, encore faut-il que l’INPS sache combien de temps vous avez travaillé en Suisse.
Le formulaire U1: ce que c’est et où le demander
Le formulaire PD U1 est le document qui atteste vos périodes de travail en Suisse auprès de l’INPS. Sans elles, une personne qui n’a travaillé qu’au Tessin n’aurait même pas les 13 semaines de cotisation qu’exige la NASpI. La page de l’INPS explique que l’État de résidence compte les périodes accomplies dans l’État du dernier emploi comme si elles étaient italiennes, et indique ce qu’il faut joindre à la demande.

Le formulaire se demande à une caisse de chômage suisse, pas à l’AVS ni à l’employeur. La directive du SECO fixe la caisse compétente. Si vous avez déjà touché une indemnité suisse par le passé, vous vous adressez à la caisse qui l’a versée. Sinon, vous choisissez parmi les caisses compétentes pour la région où votre dernier employeur a son siège, ou pour celle où vous dormiez si vous logiez en Suisse pendant la semaine. La demande se fait par écrit, avec le formulaire «Demande d’établissement d’un PD U1», que vous trouvez parmi les eServices et formulaires du SECO pour l’indemnité de chômage, et une copie de votre pièce d’identité. Chaque employeur suisse des dernières années remplit une «Attestation de l’employeur internationale», à partir de laquelle la caisse établit les périodes et le salaire brut.
Un détail mérite d’être connu. Le formulaire de demande date de 2012 et indique au verso que l’Italie exige deux ans de périodes. La NASpI, elle, regarde les quatre dernières années, aussi bien pour le droit que pour la durée. Notre conseil: indiquez toutes vos périodes suisses des quatre dernières années, et joignez une attestation pour chaque employeur de cette période.
Si le formulaire n’arrive pas à temps, déposez quand même votre demande. La page de l’INPS prévoit qu’en l’absence de PD U1, c’est l’agence INPS qui demande les données à l’institution suisse. Cela allonge les délais de paiement, pas le délai pour déposer la demande. C’est pourquoi la caisse de chômage Unia, dans sa fiche d’information sur le PD U1, conseille de le commander déjà pendant le délai de congé et indique un délai d’environ une semaine si le dossier est complet.
La demande à l’INPS: 68 jours et un pacte de service
La demande de NASpI doit être déposée dans les 68 jours qui suivent la fin du contrat: en ligne, par le centre de contact de l’INPS ou par un patronato, l’un des bureaux d’assistance sociale gratuits en Italie. Si elle arrive au plus tard le huitième jour, la NASpI court dès le huitième jour après la fin du contrat; si elle arrive plus tard, dès le lendemain de la demande. Chaque semaine de retard est donc une semaine non payée.
La demande vaut aussi déclaration de disponibilité immédiate à l’emploi. Dans les 15 jours qui suivent, vous devez vous présenter au centre pour l’emploi (centro per l’impiego) pour signer le pacte de service personnalisé (patto di servizio personalizzato); sinon, c’est le centre qui vous convoque. À partir de là, les règles italiennes s’appliquent: entretiens, cours, offres à examiner. Si vous les ignorez sans motif valable, vous risquez des réductions de l’indemnité, jusqu’à sa suppression.
Vous pouvez aussi vous inscrire en Suisse, pour chercher du travail là où vous en cherchiez avant. La page de l’INPS comme la directive du SECO le prévoient: l’office régional de placement (ORP, appelé URC au Tessin) vous accueille comme demandeur d’emploi sans droit à l’indemnité, et si vous n’aviez pas de logement en Suisse, c’est l’ORP de la région de votre dernier employeur qui est compétent. Vous devez signaler cette inscription au centre pour l’emploi et à l’INPS, et vos obligations envers l’Italie passent en premier. Si vous cherchez de nouveau au Tessin, gardez aussi un œil sur votre permis G: selon les notes de l’Office de la migration du canton (Ufficio della migrazione, en italien), il perd sa validité six mois après la fin de l’activité, et dans ce délai vous pouvez changer de poste sans attendre une nouvelle autorisation, à condition d’annoncer le changement avant de commencer.
Licenciement ou démission: ce que regarde l’INPS
La NASpI ne couvre que la perte involontaire de l’emploi. Si vous avez été licencié au Tessin, vous y avez droit; si vous avez démissionné, en règle générale non. Les exceptions sont celles du droit italien, énumérées sur la page de la NASpI: démission pour juste cause, comme un salaire impayé ou du harcèlement moral, démission pendant la période protégée de maternité ou de paternité, certaines résiliations d’un commun accord prévues par la loi. C’est pourquoi l’INPS demande, en plus du formulaire U1, le motif de la fin du contrat et les documents de votre emploi en Suisse, du contrat aux fiches de salaire. Gardez la lettre de licenciement de votre employeur.
Depuis 2025, une règle vise aussi ceux qui changent d’emploi. La loi de finances italienne pour 2025 a ajouté une condition à l’article 3 du décret législatif 22/2015: si, dans les douze mois précédant votre licenciement, vous aviez démissionné d’un emploi à durée indéterminée, il vous faut au moins 13 semaines de cotisation accomplies après cette démission. Si vous quittez un poste fixe pour une offre au Tessin et perdez ce nouvel emploi après quelques semaines, par exemple pendant le temps d’essai, vous risquez donc de vous retrouver sans NASpI. Avant de démissionner, mieux vaut savoir que le filet de sécurité présente cette faille.
Les frontaliers au chômage partiel: quand la Suisse paie
Si votre contrat avec l’employeur suisse continue, c’est la Suisse qui paie, même si vous habitez en Italie. C’est la règle de l’article 65 pour le chômage «partiel ou intermittent». La directive du SECO le définit par un critère simple: ce qui compte, c’est l’existence du rapport de travail, pas la durée de l’interruption. Si vous avez encore un contrat avec la même entreprise et pouvez reprendre votre poste, vous êtes au chômage partiel et restez à la charge de la Suisse. Si vous n’avez plus aucun contrat, vous êtes au chômage complet et passez à l’INPS.
Dans la pratique, il y a quatre cas. Le premier est la réduction de l’horaire de travail (RHT), quand l’entreprise réduit les heures à cause d’une baisse passagère des commandes. L’indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail couvre 80 % de la perte de gain: l’employeur la verse le jour de paie et la caisse la lui rembourse. La brochure du SECO précise que les frontaliers y ont droit dès le premier jour de leur engagement, si leur contrat n’est pas de durée déterminée. Le deuxième cas, ce sont les intempéries: dans la construction, les aménagements extérieurs, les carrières et quelques autres branches, l’indemnité en cas d’intempéries couvre de la même façon 80 % des heures perdues à cause du mauvais temps.
Les deux autres cas concernent ceux qui gardent un emploi, mais avec moins de travail. Si votre employeur suisse baisse le taux d’occupation inscrit dans le contrat, par exemple de 100 % à 60 %, et vous garde à son service, la directive du SECO indique que la Suisse reste compétente: l’Italie ne prend le relais qu’en cas de chômage complet. Il en va de même si vous perdez un emploi secondaire à temps partiel en Suisse et gardez votre emploi principal. Dans ces deux cas, la Suisse applique la loi sur l’assurance-chômage (LACI), qui considère comme partiellement sans emploi la personne qui occupe un emploi à temps partiel et cherche un plein temps ou un autre emploi à temps partiel. Il faut donc s’inscrire à l’ORP et remplir les conditions suisses. Le SECO demande aux caisses de vérifier qu’il ne s’agit pas de contrats fictifs, et la règle ne s’applique pas à une série de contrats à durée déterminée.
La faillite de l’employeur est un cas à part. L’indemnité en cas d’insolvabilité, rappelle la directive du SECO, n’est pas une prestation de chômage au sens du règlement européen. La loi suisse l’accorde aux travailleurs soumis à cotisation dont l’employeur occupe du personnel en Suisse, et elle couvre les salaires impayés des quatre derniers mois au plus du même rapport de travail. Elle porte sur le travail déjà accompli: c’est donc autre chose que la NASpI, qui couvre la période après la fin du contrat.
Cotisations en Suisse, remboursements à l’Italie
Le frontalier finance l’assurance suisse, mais c’est l’Italie qui verse l’indemnité. La cotisation s’élève à 2,2 % du salaire jusqu’à 148 200 francs par an, moitié à la charge du travailleur, moitié à celle de l’employeur, selon le mémento 2.08 de l’AVS. En échange, la Suisse rembourse à l’État de résidence une partie des indemnités: en général trois mois de prestations, cinq si le frontalier a travaillé en Suisse plus de 12 mois au cours des 24 derniers. Les mois remboursés sont calculés selon les règles de l’État de résidence, donc avec la NASpI et son plafond. Les chiffres publiés par le SECO pour l’Italie, en millions de francs, montrent le déséquilibre.
| Année | Cotisations AC des frontaliers domiciliés en Italie | Remboursements de la Suisse à l’Italie |
|---|---|---|
| 2018 | 83,3 | 9,7 |
| 2019 | 86,2 | 9,8 |
| 2020 | 88,0 | 8,9 |
| 2021 | 92,4 | 27,3 |
| 2022 | 98,4 | 17,3 |
| 2023 | 102,5 | 14,1 |
| 2024 | 103,5 | 17,4 |
| 2025 | 103,5 | 21,1 |
En 2025, les remboursements à l’Italie représentaient environ un cinquième des cotisations estimées. De 2018 à 2025, ils totalisent 125,6 millions de francs contre 757,8 millions de cotisations, soit environ 17 %. Le SECO précise que les cotisations sont une estimation, et ce calcul ne dit pas tout: avec les mêmes cotisations, la Suisse paie aussi la RHT et les intempéries des frontaliers toujours en poste. Mais il explique bien pourquoi Bruxelles débattait depuis des années de changer qui paie.
La réforme européenne de 2026: et la Suisse?
L’Union européenne a changé la règle, mais pour les frontaliers qui travaillent en Suisse, rien ne change pour l’instant. Le Parlement européen a approuvé la révision du règlement le 7 juillet 2026, avec un texte qui réécrit l’article 65. Le Conseil l’a adoptée le 28 septembre 2026, comme l’indique le résultat du vote. Avec les nouvelles règles, un frontalier au chômage reçoit l’indemnité de l’État où il travaillait. Seul celui qui n’a pas accompli 22 semaines de travail sans interruption dans l’État d’emploi reste à la charge de l’État de résidence. Les remboursements entre États disparaissent.
Même dans l’Union, il faudra du temps. Le règlement entre en vigueur le premier jour du mois qui suit sa publication au Journal officiel de l’UE, et les nouvelles règles sur le chômage s’appliquent 24 mois plus tard. Dans sa mise à jour du 1er octobre 2026, le SECO indiquait que la publication n’avait pas encore eu lieu. Le Luxembourg, où les frontaliers représentent une part énorme de la main-d’œuvre, a obtenu cinq ans à compter de l’entrée en vigueur, prolongeables à sept.
Pour la Suisse, le passage n’a rien d’automatique. Le SECO explique que la révision ne fait pas partie du paquet d’accords entre la Suisse et l’UE, car elle n’était pas encore adoptée au moment des négociations. Elle devra être examinée au sein du comité mixte de l’accord sur la libre circulation, où la Suisse pourrait demander des périodes transitoires plus longues. La Suisse n’a pas d’obligation juridique de la reprendre, et une éventuelle reprise passerait par les procédures internes suisses, référendum compris. Le SECO estime les coûts supplémentaires pour l’assurance suisse entre 500 et 800 millions de francs par an, des chiffres qu’il qualifie lui-même de très approximatifs. Si la règle arrivait un jour en Suisse, le frontalier licencié après au moins 22 semaines s’inscrirait à l’ORP et, s’il remplit les conditions suisses, toucherait l’indemnité suisse, qui vaut 70 % ou 80 % du gain assuré. D’ici là, pour qui perd son emploi au Tessin, il reste la NASpI.
Ce qu’il faut faire avant le dernier jour
C’est au moment du congé qu’il faut tout préparer, pas à la fin du contrat. Demandez tout de suite à votre employeur l’attestation de l’employeur internationale et envoyez à la caisse de chômage la demande de PD U1, avec toutes vos périodes suisses des quatre dernières années. Gardez la lettre de licenciement, le contrat et les dernières fiches de salaire: l’INPS les demande avec le motif de la fin du contrat.
Le lendemain de la fin de votre emploi, déposez la demande de NASpI, même sans U1: jusqu’au huitième jour, vous ne perdez rien; jusqu’au soixante-huitième, vous ne perdez que les jours de retard. Prenez ensuite rendez-vous au centre pour l’emploi et, si vous voulez retravailler au Tessin, inscrivez-vous aussi à l’ORP et signalez-le à l’INPS. Si votre employeur vous propose plutôt une réduction de l’horaire de travail ou un taux d’occupation plus bas, ce n’est pas un licenciement: dans ce cas, c’est à une porte suisse qu’il faut frapper.
Questions fréquentes
- J’ai vécu au Tessin avec un permis B et je rentre en Italie: ai-je droit à la NASpI?
- En règle générale, non. L’INPS précise que la NASpI n’est pas versée aux personnes dont le dernier emploi était à l’étranger, sauf aux frontaliers et à quelques autres catégories. Si vous habitiez vraiment en Suisse, vous demandez l’indemnité suisse et pouvez l’exporter dans un État de l’UE pendant trois mois au plus, après au moins quatre semaines d’inscription à l’ORP. L’ancienne indemnité italienne pour les travailleurs rapatriés ne vaut que pour les contrats terminés au plus tard le 31 décembre 2024.
- Un frontalier indépendant a-t-il droit au chômage?
- Pas en Suisse: le SECO rappelle que l’assurance-chômage suisse ne couvre pas les indépendants, donc si vous fermez une activité indépendante au Tessin, la Suisse ne vous verse rien. En Italie, la NASpI n’est accordée qu’aux personnes qui étaient salariées. Seules les périodes d’emploi salarié restent donc couvertes.
- La NASpI d’un ancien frontalier est-elle imposable?
- Oui. L’INPS rappelle que la NASpI est un revenu imposable et qu’elle compte aussi pour l’ISEE, l’indicateur italien de la situation économique des ménages. Les montants de cet article sont donc bruts. Ce qui vous reste dépend de vos autres revenus de l’année et des déductions auxquelles vous avez droit.
- Que se passe-t-il si je trouve un emploi de courte durée au Tessin pendant que je touche la NASpI?
- La page de l’INPS sur la NASpI prévoit qu’un nouvel emploi dans un pays de l’UE suspend aussi la NASpI. Pour un contrat de salarié, la limite est de six mois: jusqu’à six mois, la NASpI est suspendue pendant la durée de l’emploi; au-delà, elle s’éteint et, à la fin du contrat, il faut déposer une nouvelle demande. Le nouvel emploi doit être annoncé à l’INPS par le service NASpI-Com.
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